lundi 20 avril 2015

Printemps berbère : Hommage à Moh Bessalah dit Moh El Bass un grand militant pour Tamazight




Moh El Bass  de son vrai nom Mohamed Bessalah, était un grand militant sur plusieurs fronts. Mais beaucoup ne le connaissent pas commé étant un grand militant pour Tamazight, qui avait connu la prison pendant des années.

Pour honorer d’un tant soit peu la mémoire de ce militant, la mairie de Tigzirt en collaboration avec Mizrana Production et le mouvement associatif à l'exemple de l'association Iomnium et des établissements scolaires de la région lui a rendu un hommage à l’occasion du 35e anniversaire du printemps berbère.
 
Un programme riche  a été tracé pour marquer la contribution importante de cet homme pour le recouvrement identitaire en Algérie. L’on compte entre autre, match de football entre les vétérans de la JSK et les vétérans de l’ES Tigzirt, une exposition, rassemblement des lycéens du lycée Amar Bessalah, dépôt d’une gerbe de fleur sur la tombe du militant,  conférence et témoignages sur Moh El Bass et le 20 avril, gala artistique avec la participation de Fahem Mohand Said.
Il est à signaler que Mohamed Bessalah était également le fils du chef de guerre et chahid Amar Bessalah, connu sous le nom de Amar El bass, chef de la région 3 et membre de la zone 3 de la wilaya 3 historique. Il avait passé une importante partie de son enfance avec son père au maquis. A sa mort le 20 mars 2011, Mohamed Bessalah était élu à l’APC de Tigzirt.

Mohand Bessalah s’est impliqué, avec d’autres fils de Chahid dans le combat pour le l’identité berbère à partir du début des années 1970. Cet engagement pour la cause berbère lui a coté deux ans d’emprisonnement dans les geôles du système de l’époque pou avoir milité dans l’académie berbère à Paris.

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A  partir de 1972, alors qu’il s’est immigré en France, Moh El Bass a adhéré à l’académie Berbère à Paris, présidée à l’époque par Bessaoud Mohand Arav.

Avec d’autres militants de Tigzirt, Mizrana, Iflissen, Aghrib, Larbaa Nath Irathen et bien d’autres régions de la Kabylie, ils ont lancé le mouvement pour la reconnaissance de l’identité amazigh en Algérie.

Il a été parmi le groupe qui a mis en place le premier dactylographe en Tifinagh.

IL est resté dans cet exil pendant près de trois ans.

Le 13 juin 1975 son frère Said est décédé. Il se savait menacé et recherché par les services secrets qui pourchasser avec haine tout mouvement contraire à leur doctrine et tout militantisme en faveur de l’identité Berbère.

Face à son esprit conciencieux,     Moh El Bass a décidé d’y rentrer pour assister à l’enterrement de son frère Said. Dès son arrivée à l’aéroport d’Alger, il a été interpellé par les services de sécurité. Juste après l’enterrement de son frère il a été interpellé de nouveau et jeté en prison.

Pendant deux ans, il a été incarcéré dans des conditions inhumain et impitoyable dans une prison à Blida. Son seul tort est d’avoir milité pour la reconnaissance de l’identité Amazigh plusieurs fois millénaire.

Il est important de signaler que Moh El Bass était un l’un des fils d’un officier supérieur durant la guerre d’Algérie. Son père Amar Bessalah dit Amar El Bass était le responsable de la région 3 de la Zone 3 de la wilaya 3 historique.

Pour avoir militer pour la reconnaissance de Tamazight, durant ces années de dictature de Boumedienne et du parti unique, le système s’est acharné à punir avec véhémence ce militant. « Moh El Bass a été sévèrement puni, torturé dans les geôles de Blida, car le système politique de l’époque ne lui a pas pardonné d’avoir été impliqué dans ce mouvement des berbéristes, alors que lui fils d’un valeureux martyr devrait être fidèle à la ligne directrice du régime et défendre le système » nous  a déclaré Hand Sadi l’un des compagnons de Moh El Bass.

Traumatisé par sa longue incarcération, harcelé, et surveillé de près par les gardiens du système, Moh El Bass a été contraint de milité discrètement, pour ne pas dire se tenir à l’écart jusqu’à l’avènement du multipartisme en Algérie en 1988.

En parallèle, il a poursuivi sa carrière d’enseignant à travers les collèges des régions de Mizrana, Makouda, Tigzirt et Iflissen à Tizi-Ouzou.

En 1988 il a renoué avec l’activité politique en adhérant et en se portant candidat aux élections municipales pour l’assemblé de Tizi-Ouzou sous les couleurs du parti MDRA, un parti créé après l’indépendance par le chef historique Krim Belkacem et repris par le Moudjahid Slimane Amirat.

En plus de l’enseignant, du militant Berbériste, Mohamed Bessalah est également reconnu en tant que Moudjahid. Depuis plusieurs années, il a fait fonction de coordinateur de l’organisation nationale des Moudjahidine (ONM) de la daira de Tigzirt.
En parallèle à ce rôle, en avril 2007  il a été membre fondateur de l’Association le Flambeau ou Tiddukla Assafu pour la sauvegarde du Patrimoine de la Révolution Nationale de la wilaya de Tizi-Ouzou.

En tant que mitant infatigable, et en voulant apporter son effort et sa contribution au développement de Tigzirt, il a été candidat aux dernières élections municipale dans la commune de Tigzirt sous les couleurs du parti du Front des Forces Socialiste (FFS).
 Mohamed Bessalah a gagné les élections, il devrait être maire de Tigzirt si ce n’est la loi électorale qui n’est pas claire et il a cédé sa victoire après application du critère de l’âge car il été moins âge uniquement de quelques jours par rapport à son rival du RCD. En dépit de cette perte injuste, Moh El Bass est resté un militant très discipliné en contribuant à la gestion de la commune de Tigzirt. Il a rejeté catégoriquement toutes les propositions dans lesquelles on l’a invité indiscrètement à renverser l’actuel maire de Tigzirt, en formant une nouvelle coalition.

Il est décédé avec le titre honorifique d’élus à l’Assemblée Populaire Communale de Tigzirt.

Moh Bessalah, dit Moh El Bass, était un enfant de l’Algérie profonde jusqu’au bout. Derrière sa modestie et son humilité se cachait la posture d’un grand Homme qui était à la fois, militant pour Tamazight et pour la démocratie, Moudjahid, fils de chahid, enseignant et un grand citoyen, qui Dieu le tout puissant a décédé de rappelé à lui le 20 mars 2011.

Mourad Hammami

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