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samedi 12 septembre 2015

France: Vigipirate et le fantôme de la guerre d’Algérie

Le plan Vigipirate reste mystérieux - et pas seulement parce qu’on se demande ce qui a bien pu passer dans la tête du gouvernement pour choisir un nom aussi ridicule et le conserver, depuis près de vingt ans d’application ininterrompue. Le dispositif Vigipirate, d’exceptionnel est devenu permanent bien que tous les professionnels de la sécurité en soient d’accord : il n’est d’aucune efficacité contre le terrorisme. Il n’a permis aucune arrestation, n’a aucun effet dissuasif - tous les auteurs d’attentats sont nés alors qu’il s’appliquait déjà - et il coûte un million d’euros par jour, selon la propre estimation du ministre de la défense Jean-Yves Le Drian.
Si le plan Vigipirate n’a pas de fonction opérationnelle, il en a nécessairement d’autres : une fonction politique assurément, mais qui s’émousse au bout de vingt ans, et une fonction sociale, plus subtile, mais plus dangereuse : entretenir, par le quadrillage militaire, une confusion entre la guerre et la paix. Et ancrer en passant ce non-sens aujourd’hui largement partagé qui veut que « la sécurité soit la première des libertés ».

Classé secret-défense

La naissance même du plan reste mystérieuse. Il a été créé en 1978 d’une instruction non publiée du secrétariat général de la défense nationale (SGDN) et son statut juridique reste obscur. Il n’est régi que depuis sa publication, en 2007, par le code de la défense, et reste classé secret défense, comme l’a rappelé la CADA, la commission d’accès aux documents administratifs, le 23 mai 1991. Lancé discrètement après la vague d’attentats de 1985-1986, il est réactivé avec la guerre du Golfe de 1991 et installé de manière permanente au lendemain de l’attentat contre une école juive de Villeurbanne, le 7 septembre 1995.
Sa fonction politique consiste évidemment à rassurer les populations : le mot Vigipirate, a calculé Julien Fragnon, auteur d’une thèse en 2009 à Lyon-II sur « le discours antiterroriste », intervient dans 27 % des discours politiques dans la première semaine qui suit un attentat, souvent suivi d’une longue énumération des forces de police. « L’emploi des chiffres renforce la précision du message en tentant de se conformer à la loi d’exhaustivité du discours par l’accumulation d’informations,note le doctorant. Elle correspond à une stratégie argumentative fondée sur l’objectivité et l’administration de la preuve. » Le message passe : le mot Vigipirate apparaît en moyenne sept fois par jour et par journal dans les trois jours qui suivent un attentat, et à 82 % dans les titres ou le premier paragraphe des articles.

L’effet rhétorique ne pèse plus guère

Le plan Vigipirate renvoie ainsi « à un ordonnancement structuré d’actions publiques et suggère une maîtrise de la protection du territoire et de la population », résume Julien Fragon. L’effet rhétorique, vingt ans et des dizaines d’attentats plus tard, ne pèse plus guère. « Ce n’est qu’une grotesque opération de communication qui n’a pas l’ombre d’une efficacité, indique Jean-Pierre Dubois, professeur de droit et président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme. Il est frappant de se rendre dans d’autres capitales européennes, autrement plus touchées que Paris, où il n’y a pas un militaire dans les rues. Vigipirate, c’est une méthode de communication propre au champ politique français, dominé par la pensée sécuritaire ».

La présence de patrouille de militaires a, plus discrètement, un autre effet : celui de brouiller la distinction entre la guerre et la paix. « Si la lutte contre le terrorisme c’est la guerre, c’est une guerre sans fin, observe le professeur Dubois, et une guerre sans fin n’est pas une guerre ». Faire « la guerre au terrorisme », c’est aussi donner un statut politique aux terroristes, qui ne seraient plus des criminels de droit commun souvent antisémites, mais des « ennemis combattants ». « L’état de guerre, ça sert surtout à mettre le droit entre parenthèses, George Bush avait bien compris cela », conclut Jean-Pierre Dubois.

Culture du maintien de l’ordre colonial

C’est tout l’intérêt de Vigipirate : le plan trouve sa source dans l’ordonnance du 7 janvier 1959 qui organise la défense nationale, en pleine guerre d’Algérie, et ses présupposés restent imprégnés de culture du maintien de l’ordre colonial. La pensée militaire, après le déclin de la menace soviétique, se construit sur l’idée que la population est à la fois le corps à protéger et « le milieu de prolifération de la subversion » : il n’est plus possible de distinguer l’ennemi extérieur de l’ennemi intérieur, qui se cache à l’intérieur même du corps social, comme le fellagha de la guerre d’Algérie.

« La logique de cette pensée institue une forme de mise en état de guerre permanent, autorisant l’intervention du militaire dans la société, une fusion du contrôle policier de la population et des techniques militaires de l’encadrement et du commandement en territoire et en période d’exception », écrit le sociologue Mathieu Rigouste, dans la revue Cultures & Conflits (automne 2007). Cette doctrine militaire se diffuse au début des années 80 dans la pensée gouvernementale, et va insensiblement piocher dans le répertoire colonial pour faire face à une menace intérieure, incarnée par une « cinquième colonne » - les Français de la seconde génération, les musulmans et convertis.
La doctrine militaire est toujours sur cette ligne. La formation des patrouilles Vigipirate, indique le général Bruno Dary en 2007, consiste à apprendre aux soldats« à réagir, parfois en situation de stress, souvent vite et loin leurs chefs, toujours isolés dans un environnement hostile » : le milieu civil, la rue, la gare, est pour l’armée un espace hostile. 
La comparaison avec la guerre d’Algérie a évidemment ses limites ; l’armée mime à Paris le maintien de l’ordre d’Alger, sans terreur ni torture, mais rappelle à l’ordre ce qu’elle perçoit de la menace et sa légitimité pour le combattre. Le fantôme de la guerre d’Algérie reste d’ailleurs assez présent pour que Dominique de Villepin, alors premier ministre, décrète en 2005 l’état d’urgence lors de la flambée de violence en banlieue - comme en 1961 après le putsch des généraux.

Franck Johannès
in http://libertes.blog.lemonde.fr/

vendredi 26 juin 2015

Urgent: France: Attentat terroriste en Isère

Six mois après Charlie Hebdo, la France est à nouveau la cible d'un attentat. Une personne est morte et plusieurs ont été blessées dans une attaque commise vendredi matin dans une usine de gaz industriels à Saint-Quentin-Fallavier, dans l'Isère, près de Lyon, a-t-on appris de source proche du dossier, confirmant une information du Dauphiné Libéré. La tête d'un homme décapité a été retrouvée à l'entrée de cette usine de gaz industriels Air Products.  Plusieurs blessés sont à déplorer. Un suspect a été interpellé.
 
Pour François Hollande, qui s'exprimait depuis Bruxelles vendredi à la mi-journée, "l'intention ne fait pas de doute, c'est de provoquer une explosion. L'attaque est de nature terroriste dès lors qu'il a été retrouvé un cadavre décapité avec des inscriptions".

vendredi 29 mai 2015

Reportage Photos: Paris: l'UNESCO organise " les chemins de la liberté d'expression

La Fédération Française pour l'UNESCO a organisé dans l'après midi de vendredi le 29 mai, une rencontre qui a pour thème principal La liberté d'expression et qui a pour nom "Les chemins de la liberté d'expression".
Cette rencontre a eu lieu dans les locaux de la maison des journaliste, sise au 14e arrondissement de Paris.
l'on compte une quarantaine d'invités venus des différents coins de la France.  Dans cette rencontre, l'on compte une conférence-débat, remise des prix de press, des prix de création, des prix de dessin et des prix de journaux.
Cette sélection a été un long parcours d'un concours auquel on participé un grand nombre de club de l'UNESCO de France.
La conférence a été animée à la fois par Leila Djilti, productrice de l'émission "Les pieds sur terre" de  France Culture et par Clhloé Laudereau, chargée de projets pédagogiques, Cartooning for Peace 


Lors de la conférence sur la liberté d'expression organisée cet après midi à Paris par la Fédération Française pour l'UNESCO, j'étais invité à intervenir....chose faite et à plusieurs reprises...je leur ai parlé de l'Algérie, des années du terrorisme, des journaliste assassiné, de l'islamisme, de la démocratie, mais aussi de l'Islam de la Kabylie et de bien d'autres éléments dans une ambiance passionnante

Photo avec la coordinatrice de la Fédération Française pour l'UNESCO Elise Coin-Madan et Louisonn dessinatrice de presse.

Lors des débat, un long temps a  été accordé aux attentats de janvier dernier à Paris, mais aussi sur le rôle du journaliste à combattre l’obscurantisme sous toutes ses formes.

En plus des conférenciers, des journalistes ont été conviés au débat de cette rencontre, qui a traité un sujet en forte relation avec l'actualité.
La rencontre s'est achevée par la visite de l'exposition photos journalistique "Alep Point Zéro" tenue à la maison des journalistes.

Photos: Algérie France Infos
































mercredi 1 avril 2015

Nuit de Photos à Paris 15e pour la liberté d'expression

La mairie du 15e arrondissement de Paris a abrité de l'après midi de mardi le 31 mars 
la 7e édition de Nuit de Photos dédiée à la liberté d'expression. La soirée a été animée par Anne Vanderlove sous le parrainage de la fondation Flavien.

Une soirée placée sous le signe des libertés. Sous le haut parrainage d’Anne Vanderlove avec le soutien de la Fondation Flavien ,des photographes et des artistes, des journalistes ont été  réuni pour défendre les libertés. Des chansons pour Charlie, pour le musée de Bardo en Tunisie, pour les enfants en Irak, en Afrique...etc

Anne Vanderlove a chanté avec beaucoup de douceur et en solo et sur fond de notes de guitare sèche des chansons plein d'émotion en hommage aux victimes de la barbarie, des forces rétrogrades qui touche d'importants pays au monde, y compris le coeur de Paris lors des attentas du 7 au 9 janvier et ayant causés la mort de plus de 17 personnes.

Ces chansons ont été suivies d'une illustration par images projetées sur un écran géant, montrant l'horreur, mais également la résistance face aux forces du mal.

La soirée a été achevée par un buffet, une ambiance bon enfant et une musique dansant à l'honneur et à la gloire de la liberté dans le monde!

Mourad Hammami
Reportage Photos: Lisa Viola Rossi et Mizrana Production